Aimons, foutons, ce sont des plaisirs
Qu’il ne faut pas que l’on sépare;
La jouissance et les désirs
Sont ce que l’âme a de plus rare.
D’un vit, d’un con et de deux cœurs
Naît un accord plein de douceurs
Que les dévots blâment sans cause.
Amaryllis, pensez-y bien :
Aimer sans foutre est peu de chose,
Foutre sans aimer, ce n’est rien.
Jean de La Fontaine
poemes et poesie
dimanche, mai 17 2009
poème érotique, Jean de La Fontaine
Par yves Brette le dimanche, mai 17 2009, 07:31
samedi, février 21 2009
l'essentiel qui nous manque et qui donne du sens à l'existence : le poétique
Par yves Brette le samedi, février 21 2009, 07:13
Martinique Guadeloupe Guyane Réunion
Ernest BRELEUR
Patrick CHAMOISEAU
Serge DOMI
Gérard DELVER
Edouard GLISSANT
Guillaume PIGEARD DE GURBERT
Olivier PORTECOP
Olivier PULVAR
Jean-Claude WILLIAM
Manifeste pour les “produits” de haute nécessité
" Au moment où le maître, le colonisateur
proclament
" il n'y a jamais eu de peuple ici ",
le peuple qui manque est un devenir,
il s'invente,
dans les bidonvilles et les camps, ou
bien dans les ghettos,
dans de nouvelles conditions de
lutte auxquelles un art nécessairement
politique doit contribuer
Gilles Deleuze
L'image-temps
Cela ne peut signifier qu'une chose :
non pas qu'il n'y a pas de route
pour en sortir,
mais que l'heure est venue d'abandonner
toutes les vieilles routes.
Aimé Césaire
Lettre à Maurice Thorez
C'est en solidarité pleine et sans réserve aucune
que nous saluons le profond mouvement social
qui s'est installé en Guadeloupe, puis en
Martinique, et qui tend à se répandre à la Guyane et à la
Réunion.
Aucune de nos revendications n'est illégitime.
Aucune n'est irrationnelle en soi, et surtout pas plus démesurée
que les rouages du système auquel elle se confronte.
Aucune ne saurait donc être négligée dans ce qu'elle représente,
ni dans ce qu'elle implique en relation avec l'ensemble
des autres revendications.
Car la force de ce mouvement est d'avoir su organiser sur une
même base ce qui jusqu'alors s'était vu disjoint, voire isolé
dans la cécité catégorielle - à savoir les luttes jusqu'alors inaudibles
dans les administrations, les hôpitaux, les établissements
scolaires, les entreprises, les collectivités territoriales,
tout le monde associatif, toutes les professions artisanales ou
libérales...
Mais le plus important est que la dynamique du Lyannaj - qui
est d'allier et de rallier, de lier relier et relayer tout ce qui se
trouvait désolidarisé - est que la souffrance réelle du plus
grand nombre (confrontée à un délire de concentrations économiques,
d'ententes et de profits) rejoint des aspirations diffuses,
encore inexprimables mais bien réelles, chez les jeunes,
les grandes personnes, oubliés, invisibles et autres souffrants
indéchiffrables de nos sociétés. La plupart de ceux qui y
défilent en masse découvrent (ou recommencent à se souvenir)
que l'on peut saisir l'impossible au collet, ou enlever le
trône de notre renoncement à la fatalité.
Cette grève est donc plus que légitime, et plus que bienfaisante,
et ceux qui défaillent, temporisent, tergiversent,
faillissent à lui porter des réponses décentes, se rapetissent
et se condamnent.
Dès lors, derrière le prosaïque du " pouvoir d'achat " ou du "
panier de la ménagère ", se profile l'essentiel qui nous manque
et qui donne du sens à l'existence, à savoir : le poétique. Toute
vie humaine un peu équilibrée s'articule entre, d'un côté, les
nécessités immédiates du boire-survivre-manger (en clair : le
prosaïque) ; et, de l'autre, l'aspiration à un épanouissement de
soi, là où la nourriture est de dignité, d'honneur, de musique,
de chants, de sports, de danses, de lectures, de philosophie,
de spiritualité, d'amour, de temps libre affecté à l'accomplissement
du grand désir intime (en clair : le poétique). Comme le
propose Edgar Morin, le vivre-pour-vivre, tout comme le vivrepour-
soi n'ouvrent à aucune plénitude sans le donner-à-vivre à
ce que nous aimons, à ceux que nous aimons, aux impossibles
et aux dépassements auxquels nous aspirons.
La " hausse des prix " ou " la vie chère " ne sont pas de petits
diables-ziguidi qui surgissent devant nous en cruauté spontanée,
ou de la seule cuisse de quelques purs békés. Ce sont
les résultantes d'une dentition de système où règne le dogme
du libéralisme économique. Ce dernier s'est emparé de la planète,
il pèse sur la totalité des peuples, et il préside dans tous
les imaginaires - non à une épuration ethnique, mais bien à
une sorte " d'épuration éthique ” (entendre : désenchantement,
désacralisation, désymbolisation, déconstruction même) de
tout le fait humain. Ce système a confiné nos existences dans
des individuations égoïstes qui vous suppriment tout horizon
et vous condamnent à deux misères profondes : être "
consommateur " ou bien être " producteur ". Le consommateur
( Cf. - Jean-Claude Michéa - L'Empire du moindre mal. Coll. Climats - 2007 - Ed Flammarion.)
ne travaillant que pour consommer ce que produit sa force de
travail devenue marchandise ; et le producteur réduisant sa
production à l'unique perspective de profits sans limites pour
des consommations fantasmées sans limites. L'ensemble
ouvre à cette socialisation anti-sociale, dont parlait André
Gorz, et où l'économique devient ainsi sa propre finalité et
déserte tout le reste.
Alors, quand le " prosaïque " n'ouvre pas aux élévations du
" poétique ", quand il devient sa propre finalité et se consume
ainsi, nous avons tendance à croire que les aspirations de
notre vie, et son besoin de sens, peuvent se loger dans ces
codes-barres que sont " le pouvoir d'achat " ou " le panier de
la ménagère ". Et pire : nous finissons par penser que la gestion
vertueuse des misères les plus intolérables relève d'une
politique humaine ou progressiste. Il est donc urgent d'escorter
les " produits de premières nécessités ", d'une autre catégorie
de denrées ou de facteurs qui relèveraient résolument
d'une " haute nécessité ".
Par cette idée de " haute nécessité ", nous appelons à
prendre conscience du poétique déjà en oeuvre dans un
mouvement qui, au-delà du pouvoir d'achat, relève d'une
exigence existentielle réelle, d'un appel très profond au
plus noble de la vie.
Alors que mettre dans ces " produits " de haute nécessité ?
C'est tout ce qui constitue le coeur de notre souffrant désir de
faire peuple et nation, d'entrer en dignité sur la grand-scène du
monde, et qui ne se trouve pas aujourd'hui au centre des
négociations en Martinique et en Guadeloupe, et bientôt sans
doute en Guyane et à la Réunion.
D'abord, il ne saurait y avoir d'avancées sociales qui se
contenteraient d'elles-mêmes. Toute avancée sociale ne se
réalise vraiment que dans une expérience politique qui tirerait
les leçons structurantes de ce qui s'est passé. Ce mouvement
a mis en exergue le tragique émiettement institutionnel de nos
pays, et l'absence de pouvoir qui lui sert d'ossature. Le " déterminant
" ou bien le " décisif " s'obtient par des voyages ou par
le téléphone. La compétence n'arrive que par des émissaires.
La désinvolture et le mépris rôdent à tous les étages.
L'éloignement, l'aveuglement et la déformation président aux
analyses. L'imbroglio des pseudos pouvoirs Région-
Département-Préfet, tout comme cette chose qu'est l'association des maires, ont montré leur impuissance, même leur
effondrement, quand une revendication massive et sérieuse
surgit dans une entité culturelle historique identitaire humaine,
distincte de celle de la métropole administrante, mais qui ne
s'est jamais vue traitée comme telle. Les slogans et les
demandes ont tout de suite sauté par-dessus nos " présidents
locaux " pour s'en aller mander ailleurs. Hélas, toute
victoire sociale qui s'obtiendrait ainsi (dans ce bond pardessus
nous-mêmes), et qui s'arrêterait là, renforcerait
notre assimilation, donc conforterait notre inexistence au
monde et nos pseudos pouvoirs.
Ce mouvement se doit donc de fleurir en vision politique,
laquelle devrait ouvrir à une force politique de renouvellement
et de projection apte à nous faire accéder à la responsabilité
de nous-mêmes par nous-mêmes et au pouvoir
de nous-mêmes sur nous-mêmes. Et même si un tel
pouvoir ne résoudrait vraiment aucun de ces problèmes, il
nous permettrait à tout le moins de les aborder désormais en
saine responsabilité, et donc de les traiter enfin plutôt que
d'acquiescer aux sous-traitances. La question békée et des
ghettos qui germent ici où là, est une petite question qu'une
responsabilité politique endogène peut régler. Celle de la
répartition et de la protection de nos terres à tous points de vue
aussi. Celle de l'accueil préférentiel de nos jeunes tout autant.
Celle d'une autre Justice ou de la lutte contre les fléaux de la
drogue en relève largement... Le déficit en responsabilité crée
amertume, xénophobie, crainte de l'autre, confiance réduite en
soi... La question de la responsabilité est donc de haute
nécessité. C'est dans l'irresponsabilité collective que se
nichent les blocages persistants dans les négociations
actuelles. Et c'est dans la responsabilité que se trouve
l'invention, la souplesse, la créativité, la nécessité de trouver
des solutions endogènes praticables. C'est dans la
responsabilité que l'échec ou l'impuissance devient un
lieu d'expérience véritable et de maturation. C'est en responsabilité
que l'on tend plus rapidement et plus positivement
vers ce qui relève de l'essentiel, tant dans les luttes
que dans les aspirations ou dans les analyses.
Ensuite, il y a la haute nécessité de comprendre que le labyrinthe
obscur et indémêlable des prix (marges, sous-marges,
commissions occultes et profits indécents) est inscrit dans une
logique de système libéral marchand, lequel s'est étendu à
l'ensemble de la planète avec la force aveugle d'une religion.
Ils sont aussi enchâssés dans une absurdité coloniale qui
nous a détournés de notre manger-pays, de notre environnement
proche et de nos réalités culturelles, pour nous livrer
sans pantalon et sans jardins-bokay aux modes alimentaires
européens. C'est comme si la France avait été formatée pour
importer toute son alimentation et ses produits de grande
nécessité depuis des milliers et des milliers de kilomètres.
Négocier dans ce cadre colonial absurde avec l'insondable
chaîne des opérateurs et des intermédiaires peut certes améliorer
quelque souffrance dans l'immédiat ; mais l'illusoire bienfaisance
de ces accords sera vite balayée par le principe du
" Marché " et par tous ces mécanismes que créent un nuage
de voracités, (donc de profitations nourries par " l'esprit colonial
" et régulées par la distance) que les primes, gels, aménagements
vertueux, réductions opportunistes, pianotements
dérisoires de l'octroi de mer, ne sauraient endiguer.
Il y a donc une haute nécessité à nous vivre caribéens
dans nos imports-exports vitaux, à nous penser américain
pour la satisfaction de nos nécessités, de notre autosuffisance
énergétique et alimentaire. L'autre très haute
nécessité est ensuite de s'inscrire dans une contestation
radicale du capitalisme contemporain qui n'est pas une
perversion mais bien la plénitude hystérique d'un dogme.
La haute nécessité est de tenter tout de suite de jeter les
bases d'une société non économique, où l'idée de développement
à croissance continuelle serait écartée au profit de celle
d'épanouissement ; où emploi, salaire, consommation et production
serait des lieux de création de soi et de parachèvement
de l'humain. Si le capitalisme (dans son principe très pur
qui est la forme contemporaine) a créé ce Frankenstein
consommateur qui se réduit à son panier de nécessités, il
engendre aussi de bien lamentables " producteurs " - chefs
d'entreprises, entrepreneurs, et autres socioprofessionnels
ineptes - incapables de tressaillements en face d'un sursaut de
souffrance et de l'impérieuse nécessité d'un autre imaginaire
politique, économique, social et culturel. Et là, il n'existe pas de
camps différents. Nous sommes tous victimes d'un système
flou, globalisé, qu'il nous faut affronter ensemble. Ouvriers et
petits patrons, consommateurs et producteurs, portent quelque
part en eux, silencieuse mais bien irréductible, cette haute
nécessité qu'il nous faut réveiller, à savoir : vivre la vie, et sa
propre vie, dans l'élévation constante vers le plus noble et le
plus exigeant, et donc vers le plus épanouissant.
Ce qui revient à vivre sa vie, et la vie, dans toute l'ampleur du
poétique.
On peut mettre la grande distribution à genoux en mangeant
sain et autrement.
On peut renvoyer la SARA (Société Anonyme de Raffinerie
des Antilles) et les compagnies pétrolières aux oubliettes, en
rompant avec le tout automobile.
On peut endiguer les agences de l'eau, leurs prix exorbitants,
en considérant la moindre goutte sans attendre comme une
denrée précieuse, à protéger partout, à utiliser comme on le
ferait des dernières chiquetailles d'un trésor qui appartient à
tous.
On ne peut vaincre ni dépasser le prosaïque en demeurant
dans la caverne du prosaïque, il faut ouvrir en poétique, en
décroissance et en sobriété. Rien de ces institutions si arrogantes
et puissantes aujourd'hui (banques, firmes transnationales,
grandes surfaces, entrepreneurs de santé, téléphonie
mobile...) ne sauraient ni ne pourraient y résister.
Enfin, sur la question des salaires et de l'emploi.
Là aussi il nous faut déterminer la haute nécessité.
Le capitalisme contemporain réduit la part salariale à mesure
qu'il augmente sa production et ses profits. Le chômage est
une conséquence directe de la diminution de son besoin de
main d'oeuvre. Quand il délocalise, ce n'est pas dans la recherche
d'une main d'oeuvre abondante, mais dans le souci d'un
effondrement plus accéléré de la part salariale. Toute déflation
salariale dégage des profits qui vont de suite au
grand jeu welto de la finance. Réclamer une augmentation
de salaire conséquente n'est donc en rien illégitime : c'est
le début d'une équité qui doit se faire mondiale.
Quant à l'idée du " plein emploi ", elle nous a été clouée dans
l'imaginaire par les nécessités du développement industriel et
les épurations éthiques qui l'ont accompagnée. Le travail à
l'origine était inscrit dans un système symbolique et sacré
(d'ordre politique, culturel, personnel) qui en déterminait les
ampleurs et le sens. Sous la régie capitaliste, il a perdu son
sens créateur et sa vertu épanouissante à mesure qu'il devenait,
au détriment de tout le reste, tout à la fois un simple "
emploi ", et l'unique colonne vertébrale de nos semaines et de
nos jours. Le travail a achevé de perdre toute signifiance
quand, devenu lui-même une simple marchandise, il s'est mis
à n'ouvrir qu'à la consommation.
Nous sommes maintenant au fond du gouffre.
Il nous faut donc réinstaller le travail au sein du poétique.
Même acharné, même pénible, qu'il redevienne un lieu
d'accomplissement, d'invention sociale et de construction
de soi, ou alors qu'il en soit un outil secondaire parmi
d'autres. Il y a des myriades de compétences, de talents, de
créativités, de folies bienfaisantes, qui se trouvent en ce
moment stérilisés dans les couloirs ANPE et les camps sans
barbelés du chômage structurel né du capitalisme. Même
quand nous nous serons débarrassés du dogme marchand,
les avancées technologiques (vouées à la sobriété et à la
décroissance sélective) nous aiderons à transformer la valeurtravail
en une sorte d'arc-en-ciel, allant du simple outil accessoire
jusqu'à l'équation d'une activité à haute incandescence
créatrice. Le plein emploi ne sera pas du prosaïque productiviste,
mais il s'envisagera dans ce qu'il peut créer en socialisation,
en autoproduction, en temps libre, en temps mort, en ce
qu'il pourra permettre de solidarités, de partages, de soutiens
aux plus démantelés, de revitalisations écologiques de notre
environnement...
Il s'envisagera en " tout ce qui fait que la vie vaut la peine
d'être vécue ".
Il y aura du travail et des revenus de citoyenneté dans ce qui
stimule, qui aide à rêver, qui mène à méditer ou qui ouvre aux
délices de l'ennui, qui installe en musique, qui oriente en randonnée
dans le pays des livres, des arts, du chant, de la philosophie,
de l'étude ou de la consommation de haute nécessité
qui ouvre à création - créaconsommation.
En valeur poétique, il n'existe ni chômage ni plein emploi
ni assistanat, mais autorégénération et autoréorganisation,
mais du possible à l'infini pour tous les talents, toutes
les aspirations. En valeur poétique, le PIB des sociétés
économiques révèle sa brutalité.
Voici ce premier panier que nous apportons à toutes les tables
de négociations et à leurs prolongements : que le principe de
gratuité soit posé pour tout ce qui permet un dégagement des
chaînes, une amplification de l'imaginaire, une stimulation des
facultés cognitives, une mise en créativité de tous, un déboulé
sans manman de l'esprit. Que ce principe balise les chemins
vers le livre, les contes, le théâtre, la musique, la danse, les
arts visuels, l'artisanat, la culture et l'agriculture... Qu'il soit inscrit
au porche des maternelles, des écoles, des lycées et collèges,
des universités et de tous les lieux connaissance et de
formation... Qu'il ouvre à des usages créateurs des technologies
neuves et du cyberespace. Qu'il favorise tout ce qui permet
d'entrer en Relation (rencontres, contacts, coopérations,
interactions, errances qui orientent) avec les virtualités imprévisibles
du Tout-Monde... C'est le gratuit en son principe qui
permettra aux politiques sociales et culturelles publiques de
déterminer l'ampleur des exceptions. C'est à partir de ce
principe que nous devrons imaginer des échelles non
marchandes allant du totalement gratuit à la participation
réduite ou symbolique, du financement public au financement
individuel et volontaire... C'est le gratuit en son principe
qui devrait s'installer aux fondements de nos sociétés
neuves et de nos solidarités imaginantes...
Projetons nos imaginaires dans ces hautes nécessités jusqu'à
ce que la force du Lyannaj ou bien du vivre-ensemble, ne soit
plus un " panier de ménagère ", mais le souci démultiplié d'une
plénitude de l'idée de l'humain.
Imaginons ensemble un cadre politique de responsabilité
pleine, dans des sociétés martiniquaise guadeloupéenne
guyanaise réunionnaise nouvelles, prenant leur part souveraine
aux luttes planétaires contre le capitalisme et pour un
monde écologiquement nouveau.
Profitons de cette conscience ouverte, à vif, pour que les
négociations se nourrissent, se prolongent et s'ouvrent comme
une floraison dans une audience totale, sur ces nations qui
sont les nôtres.
An gwan lodyans qui ne craint ni ne déserte les grands
frissons de l'utopie.
Nous appelons donc à ces utopies où le Politique ne serait pas
réduit à la gestion des misères inadmissibles ni à la régulation
des sauvageries du " Marché ", mais où il retrouverait son
essence au service de tout ce qui confère une âme au prosaïque
en le dépassant ou en l'instrumentalisant de la manière la
plus étroite.
Nous appelons à une haute politique, à un art politique, qui installe
l'individu, sa relation à l'Autre, au centre d'un projet commun
où règne ce que la vie a de plus exigeant, de plus intense
et de plus éclatant, et donc de plus sensible à la beauté.
C'est le gratuit en son principe
qui devrait s'installer
aux fondements de nos
sociétés neuves et de nos
solidarités imaginantes.
Ainsi, chers compatriotes, en nous débarrassant des
archaïsmes coloniaux, de la dépendance et de l'assistanat,
en nous inscrivant résolument dans l'épanouissement
écologique de nos pays et du monde à venir, en
contestant la violence économique et le système marchand,
nous naîtrons au monde avec une visibilité levée
du post-capitalisme et d'un rapport écologique global aux
équilibres de la planète....
Alors voici notre vision :
Petits pays, soudain au coeur nouveau du monde, soudain
immenses d'être les premiers exemples de sociétés postcapitalistes,
capables de mettre en oeuvre un épanouissement
humain qui s'inscrit dans l'horizontale plénitude du
vivant...
Ernest BRELEUR
Patrick CHAMOISEAU
Serge DOMI
Gérard DELVER
Edouard GLISSANT
Guillaume PIGEARD DE GURBERT
Olivier PORTECOP
Olivier PULVAR
Jean-Claude WILLIAM
pour les “produits” de haute nécessité
MANIFESTE
C o n c e p t i o n * L a u D r e
mardi, janvier 13 2009
au cou du jour
Par yves Brette le mardi, janvier 13 2009, 06:07
j’accroche au cou du jour
des guirlandes de poèmes
où rougeoie mon cœur
le soleil roule dans mon tablier
avec les pommes de l’automne
qui ont gardé la saveur de l’enfance
Françoise Urban-Menninger : Grappes d’azur
lundi, décembre 29 2008
lentement les heures
Par yves Brette le lundi, décembre 29 2008, 05:17
lentement les heures
lumignon de lumière dorée
la tulipe rouge orangé
ouvre ses paupières effrangées
sur le jardin ivre de langueur
qui abandonne sa torpeur au chœur
des abeilles qui butinent son coeur
chaque fragment de verdure
ouvre sur le fronton de l’azur
le bleu infini d’une épure
où lentement les heures
parfumées de senteurs
font éclore l’âme des fleurs
Françoise Urban-Menninger : Grappes d’azur
cœurs de lumière
Par yves Brette le lundi, décembre 29 2008, 05:10
cœurs de lumière
la grille en fer forgé
découpe des cœurs de lumière
sur le mur de pierre
où mon ombre s’est allongée
j’entends leurs battements
qui irriguent mon silence
sur cette page blanche
où s’écoule le temps
Françoise Urban-Menninger : Grappes d’azur
jeudi, décembre 25 2008
Ecoute moi
Par yves Brette le jeudi, décembre 25 2008, 10:08
Ecoutes-moi…
Accepte ma tendresse.
Pour effacer toute cette tristesse.
Celle qui habite ton cœur.
Pour qu’un jour tu retrouves le bonheur.
J’ai vécu ce que tu ressens.
Mon cœur a lui aussi été brisé bien souvent.
Mais même quand tout devient noir.
Il y a toujours une lueur d’espoir.
Ne mets pas ton cœur en grève.
Laisse-le battre pour tous tes rêves.
Vouloir te fermer à l’amour.
Tu risques de le regretter un jour.
Je souhaite que ces quelques mots.
Apportent un jour à ton coeur le repos.
Qu’ils anéantissent les douleurs du passé.
Et que tu retrouves le goût d’aimer.
Je sais que tu ne veux pas m’entendre.
Car tu as encore trop mal pour le comprendre.
Je t’en prie ne nourris pas cette haine en toi.
Je suis ton amie, écoutes-moi.
La mère Noël
Par yves Brette le jeudi, décembre 25 2008, 10:04
La mère Noël a pris tous mes cadeaux
De l'année dernière et l'an passé,
Pour les offrir aux enfants privés
Et aux déshérités du chaud métro
La mère Noël a dans son bon droit
Le regard bon comme du bon sapin,
A toutes ses petites sœurs sous son toit
Pour tous les enfants qui iront loin.
samedi, novembre 22 2008
Le miroir d'un moment
Par yves Brette le samedi, novembre 22 2008, 04:35
LE MIROIR D' UN MOMENT
Il dissipe le jour,
Il montre aux hommes les images déliées de l'apparence,
Il enlève aux hommes la possibilité de se distraire.
Il est dur comme la pierre,
La pierre informe,
La pierre du mouvement et de la vue,
Et son éclat est tel que toutes les armures, tous les masques en sont faussés.
Ce que la main a pris dédaigne même de prendre la forme de la main,
Ce qui a été compris n'existe plus,
L'oiseau s'est confondu avec le vent,
Le ciel avec sa vérité,
L'homme avec sa réalité.
Paul Eluard