poeme d'amour et parole de chanson

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dimanche, juin 14 2009

L'amoureuse

Elle est debout sur mes paupières
Et ses cheveux sont dans les miens,
Elle a la forme de mes mains,
Elle a la couleur de mes yeux,
Elle s'engloutit dans mon ombre
Comme une pierre sur le ciel.

Elle a toujours les yeux ouverts
Et ne me laisse pas dormir.
Ses rêves en pleine lumière
Font s'évaporer les soleils,
Me font rire, pleurer et rire,
Parler sans avoir rien à dire

Paul Eluard

Intimes

Je n'ai envie que de t'aimer
Un orage emplit la vallée
Un poisson la rivière

Je t'ai faite à la taille de ma solitude.

Le monde entier pour se cacher
Des jours des nuits pour se comprendre
Pour ne plus rien voir dans tes yeux
Que ce que je pense de toi
Et d'un monde à ton image
Et des jours et des nuits réglés par tes paupières.

Intimes V. Paul Eluard

samedi, novembre 22 2008

Le miroir d'un moment

LE MIROIR D' UN MOMENT

Il dissipe le jour,
Il montre aux hommes les images déliées de l'apparence,
Il enlève aux hommes la possibilité de se distraire.
Il est dur comme la pierre,
La pierre informe,
La pierre du mouvement et de la vue,
Et son éclat est tel que toutes les armures, tous les masques en sont faussés.
Ce que la main a pris dédaigne même de prendre la forme de la main,
Ce qui a été compris n'existe plus,
L'oiseau s'est confondu avec le vent,
Le ciel avec sa vérité,
L'homme avec sa réalité.


Paul Eluard

lundi, novembre 17 2008

Au fond du coeur

au fond de notre coeur, un beau jour, le beau jour de tes yeux continue. Les champs, l'été, les bois, le fleuve. Fleuve seul animant l'apparence des cimes. Notre amour c'est l'amour de la vie, le mépris de la mort. A même la lumière contredite, souffrante, sans croissance ni fin, un jour sur terre, plus clair en plein terre que les roses mortelles dans les sources de midi.

Au fond de notre coeur, tes yeux dépassent tous les ciels, leur coeur de nuit. Flèches de joie, ils tuent le temps, ils tuent l'espoir et le regret, ils tuent l'absence.

La vie, seulement la vie, la forme humaine autour de tes yeux clairs.

D’une main composée pour moi Et qu’elle soit faible qu’importe Cette main double la mienne Pour tout lier tout délivrer Pour m’endormir pour m’éveiller D’un baiser la nuit des grands rapports humains Un corps auprès d’un autre corps La nuit des grands rapports terrestres la nuit native de ta bouche La nuit où rien ne se sépare

Que ma parole pèse sur la nuit qui passe Et que s’ouvre toujours la porte par laquelle Tu es entrée dans ce poème Porte de ton sourire et porte de ton corps

Par toi je vais de la lumière à la lumière De la chaleur à la chaleur C’est par toi que je parle et tu restes au centre De tout comme un soleil consentant au bonheur

Paul Eluard