poeme d'amour et parole de chanson

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dimanche, janvier 24 2010

Saint Valentin

Saint Valentin


L’amour, ce sentiment si beau à vivre, à imaginer, à souhaiter ou même à rêver. C’est un royaume où il n’y a ni roi, ni couronne, ni esclave, ni chaînes. L’amour, c’est cet ange qui nous vient d’en ne sait où, nous pénètre sans nous aviser. Il ne frappe jamais à la porte, et entre sans permission. Il est bon, doux, fait rêver et change tout. Il est rebelle, repousse les barrières, ne connaît pas les frontières, les couleurs et le temps. Il n’a pas d’âge, on le vit à tout âge. Dans chaque coin de la terre, un nouveau couple naît à chaque minute qui passe.

Que de couples, l’histoire nous a rapporté. Ils se sont aimés à en mourir. Même si le sentiment est le même, à chacun son histoire, sa place sur ce globe, sa culture et l’époque qu’il a vécue.

Le sentiment est le même, l’appellation change d’une culture à une autre, les histoires sont toujours récentes, en dépit du temps qui passe. On les célèbre pour mieux les vivre encore et encore. Ces couples amoureux sont une référence, on se compare à eux, on veut même les dépasser d’un cran.

Des parents de l’humanité Adam et Ève, Ahcène Mariche a revisité certaines époques avec leurs amoureux et a fait escale, à l’occasion de la Saint Valentin ; chez Valentin et Valentine, Roméo et Juliette, Antar et Abla, Saiyed et Hiziya, Chabane et Drifa Ujajih, Lhesnaoui et Fadhma, et nous fait découvrir la plus récente histoire entre Ahcène et Zivka, et nous livre sont poème « Sidi-Valentin ».





Saint Valentin


 Vivement le quatorze février,


 C’est la fête des amoureux !


 Chacun le vit en aventurier,


 En compagnie de l’allié bien heureux,


 C’est devenu des lors coutumier,


 Chez Valentin et Valentine tous deux.





 Chacun d’eux, empruntant son chemin,


 A la recherche d’un objectif.


 Ils finiront par trouver un dessein


 Qui prouvera l’amour décisif.


 Jeunes et vieux, dans le même bain.


 Poussés par ce vent attractif


 Et sérieusement touchés par le chagrin.





 Pour en cueillir des fleurs,


 Nous dégringolons les prairies.


 Tous, nous sèmerons dans les cœurs,


 La tendresse, point de jalousie.


 L’amour est un bienfaiteur,


 La guerre n’est que tragédie.





 Combien de siècles se sont écoulés,


 Que l’histoire, à présent, a réunis.


 Ils sont, au fond de l’amour, plantés,


 Epris, ils ont fait l’objet d’un récit ;


 Combien de cas pareils, éprouvés,


 Que nos mémoires relatent en série.





 Antar et Abla sont un conte,


 Chabane et Dhrifa Oujajih aussi.


 De Qeïs et Leïla, on raconte,


 Ainsi que de Roméo et Juliette unis.


 Que Said et Hizya ne déchantent,


 Symbole des nomades en furie.


 Quant à l’histoire toute récente,


 C’est bien celle de Fadhma et L’Hesnaoui.


 Celle d’Ahcène et Zivka représente


 Un mythe naissant ces jours-ci.





 L’histoire de Van Gogh est légendaire,


 Il ne s’est jamais produit de pareille.


 Il se croit tellement déplaire,


 Que sur lui, sa bien aimée ne veille.


 Une fois ses requêtes ne sont plus salutaires,


 Il décida de trancher son oreille.





 Chacun formule des vœux préférés,


 Le choix pour eux n’est guère difficile.


 Quant à moi mes frères, je suis troublé,


 Qui peut me servir de témoin utile ?


 Toute chose sur laquelle mon regard s’est posé,


 Se métamorphose de suite et devient futile,


 Ou bien, à mes yeux, s’avère insensée!





 J’ai trié avec soin des merveilles,


 Que j’ai destiné à ma bien aimée.


 Dans une main, une fleur sans pareille,


 Avec l’autre, quelques vers que j’ai rimés.


 Sur du papier, je calquerai sa beauté vermeille,


 Avec de l’argile, je ferai son portrait.


 Sur ses genoux, je viderai ma corbeille,


 J’ai des choses à dire, le temps me le permet.


 Mon amour, je l’étalerai en plein soleil,


 En scénario, je l’adapterai,


 Et nos rôles ne seront que merveilles !



 C’est le quinze Février,


 Nous sommes rentrés dans l’histoire.


 On est à présent identifié


 Et doté d’un nom évocatoire,


 Ce qui était dans l’ombre est maintenant étalé,


 Ayez Ahcène et Zivka en mémoire.



 Je te prie Saint Valentin


 Je te prie Sainte Valentine


 Je te prie, toi Qeïs,


 Je te prie, toi Leïla


 Je te prie, toi El Hasnaoui.


 Je te prie, toi Fadhma


 Je te prie, toi Said,


 Je te prie, toi Hizya


 Je te prie, toi Chabane,


 Je te prie, toi Dhrifa,


 Je te prie, toi Roméo


 Je te prie, toi Juliette.


 Nous nous joignons à vous,


 Épargnez-nous le ridicule.


 Vous avez souffert beaucoup,


 A présent, nous aussi, on brûle.


 On est montré du doigt tel un loup,


 Qui dirait un criminel ou une crapule.


 Du pan de votre manteau, couvrez-nous,


 En vous, les bénédictions pullulent.


 De grâce, de grâce, protégez-nous,


 Que de Baraka, votre âme dissimule.



Ahcène MARICHE



www.ahcenemariche.net


http://ahcenemariche.centerblog.net

dimanche, mars 22 2009

Ma seule amour

Ma seule amour

Ma seule amour, ma joye et ma maistresse,
Puisqu'il me fault loing de vous demorer,
Je n'ay plus riens, à me reconforter,
Qu'un souvenir pour retenir lyesse.

En allegant, par Espoir, ma destresse,
Me couvendra le temps ainsi passer,
Ma seule amour, ma joye et ma maistresse,
Puisqu'il me fault loing de vous demorer

Car mon las cueur, bien garny de tristesse,
S'en est voulu avecques vous aler,
Ne je ne puis jamais le recouvrer,
Jusques verray vostre belle jeunesse,
Ma seule amour, ma joye et ma maistresse.

(poème de Charles d’Orleans 1394 - 1465)

jeudi, février 26 2009

Les fautes sont grandes...

Les fautes sont grandes quand l'amour est petit.

Proverbe italien

samedi, février 21 2009

l'essentiel qui nous manque et qui donne du sens à l'existence : le poétique

Martinique Guadeloupe Guyane Réunion
Ernest BRELEUR
Patrick CHAMOISEAU
Serge DOMI
Gérard DELVER
Edouard GLISSANT

Guillaume PIGEARD DE GURBERT
Olivier PORTECOP
Olivier PULVAR
Jean-Claude WILLIAM
Manifeste pour les “produits” de haute nécessité

" Au moment où le maître, le colonisateur proclament " il n'y a jamais eu de peuple ici ", le peuple qui manque est un devenir, il s'invente, dans les bidonvilles et les camps, ou bien dans les ghettos, dans de nouvelles conditions de lutte auxquelles un art nécessairement politique doit contribuer
Gilles Deleuze
L'image-temps
Cela ne peut signifier qu'une chose : non pas qu'il n'y a pas de route pour en sortir, mais que l'heure est venue d'abandonner toutes les vieilles routes.
Aimé Césaire
Lettre à Maurice Thorez

C'est en solidarité pleine et sans réserve aucune que nous saluons le profond mouvement social qui s'est installé en Guadeloupe, puis en Martinique, et qui tend à se répandre à la Guyane et à la Réunion.
Aucune de nos revendications n'est illégitime. Aucune n'est irrationnelle en soi, et surtout pas plus démesurée que les rouages du système auquel elle se confronte. Aucune ne saurait donc être négligée dans ce qu'elle représente, ni dans ce qu'elle implique en relation avec l'ensemble des autres revendications.
Car la force de ce mouvement est d'avoir su organiser sur une même base ce qui jusqu'alors s'était vu disjoint, voire isolé dans la cécité catégorielle - à savoir les luttes jusqu'alors inaudibles dans les administrations, les hôpitaux, les établissements scolaires, les entreprises, les collectivités territoriales, tout le monde associatif, toutes les professions artisanales ou libérales...

Mais le plus important est que la dynamique du Lyannaj - qui est d'allier et de rallier, de lier relier et relayer tout ce qui se trouvait désolidarisé - est que la souffrance réelle du plus grand nombre (confrontée à un délire de concentrations économiques, d'ententes et de profits) rejoint des aspirations diffuses, encore inexprimables mais bien réelles, chez les jeunes, les grandes personnes, oubliés, invisibles et autres souffrants indéchiffrables de nos sociétés. La plupart de ceux qui y défilent en masse découvrent (ou recommencent à se souvenir) que l'on peut saisir l'impossible au collet, ou enlever le trône de notre renoncement à la fatalité.
Cette grève est donc plus que légitime, et plus que bienfaisante, et ceux qui défaillent, temporisent, tergiversent, faillissent à lui porter des réponses décentes, se rapetissent et se condamnent.

Dès lors, derrière le prosaïque du " pouvoir d'achat " ou du " panier de la ménagère ", se profile l'essentiel qui nous manque et qui donne du sens à l'existence, à savoir : le poétique. Toute vie humaine un peu équilibrée s'articule entre, d'un côté, les nécessités immédiates du boire-survivre-manger (en clair : le prosaïque) ; et, de l'autre, l'aspiration à un épanouissement de soi, là où la nourriture est de dignité, d'honneur, de musique, de chants, de sports, de danses, de lectures, de philosophie, de spiritualité, d'amour, de temps libre affecté à l'accomplissement du grand désir intime (en clair : le poétique). Comme le propose Edgar Morin, le vivre-pour-vivre, tout comme le vivrepour- soi n'ouvrent à aucune plénitude sans le donner-à-vivre à ce que nous aimons, à ceux que nous aimons, aux impossibles et aux dépassements auxquels nous aspirons. La " hausse des prix " ou " la vie chère " ne sont pas de petits diables-ziguidi qui surgissent devant nous en cruauté spontanée, ou de la seule cuisse de quelques purs békés. Ce sont les résultantes d'une dentition de système où règne le dogme du libéralisme économique. Ce dernier s'est emparé de la planète, il pèse sur la totalité des peuples, et il préside dans tous les imaginaires - non à une épuration ethnique, mais bien à une sorte " d'épuration éthique ” (entendre : désenchantement, désacralisation, désymbolisation, déconstruction même) de tout le fait humain. Ce système a confiné nos existences dans des individuations égoïstes qui vous suppriment tout horizon et vous condamnent à deux misères profondes : être " consommateur " ou bien être " producteur ". Le consommateur ( Cf. - Jean-Claude Michéa - L'Empire du moindre mal. Coll. Climats - 2007 - Ed Flammarion.) ne travaillant que pour consommer ce que produit sa force de travail devenue marchandise ; et le producteur réduisant sa production à l'unique perspective de profits sans limites pour des consommations fantasmées sans limites. L'ensemble ouvre à cette socialisation anti-sociale, dont parlait André Gorz, et où l'économique devient ainsi sa propre finalité et déserte tout le reste.

Alors, quand le " prosaïque " n'ouvre pas aux élévations du " poétique ", quand il devient sa propre finalité et se consume ainsi, nous avons tendance à croire que les aspirations de notre vie, et son besoin de sens, peuvent se loger dans ces codes-barres que sont " le pouvoir d'achat " ou " le panier de la ménagère ". Et pire : nous finissons par penser que la gestion vertueuse des misères les plus intolérables relève d'une politique humaine ou progressiste. Il est donc urgent d'escorter les " produits de premières nécessités ", d'une autre catégorie de denrées ou de facteurs qui relèveraient résolument d'une " haute nécessité ".

Par cette idée de " haute nécessité ", nous appelons à prendre conscience du poétique déjà en oeuvre dans un mouvement qui, au-delà du pouvoir d'achat, relève d'une exigence existentielle réelle, d'un appel très profond au plus noble de la vie.

Alors que mettre dans ces " produits " de haute nécessité ? C'est tout ce qui constitue le coeur de notre souffrant désir de faire peuple et nation, d'entrer en dignité sur la grand-scène du monde, et qui ne se trouve pas aujourd'hui au centre des négociations en Martinique et en Guadeloupe, et bientôt sans doute en Guyane et à la Réunion.

D'abord, il ne saurait y avoir d'avancées sociales qui se contenteraient d'elles-mêmes. Toute avancée sociale ne se réalise vraiment que dans une expérience politique qui tirerait les leçons structurantes de ce qui s'est passé. Ce mouvement a mis en exergue le tragique émiettement institutionnel de nos pays, et l'absence de pouvoir qui lui sert d'ossature. Le " déterminant " ou bien le " décisif " s'obtient par des voyages ou par le téléphone. La compétence n'arrive que par des émissaires. La désinvolture et le mépris rôdent à tous les étages. L'éloignement, l'aveuglement et la déformation président aux analyses. L'imbroglio des pseudos pouvoirs Région- Département-Préfet, tout comme cette chose qu'est l'association des maires, ont montré leur impuissance, même leur effondrement, quand une revendication massive et sérieuse surgit dans une entité culturelle historique identitaire humaine, distincte de celle de la métropole administrante, mais qui ne s'est jamais vue traitée comme telle. Les slogans et les demandes ont tout de suite sauté par-dessus nos " présidents locaux " pour s'en aller mander ailleurs. Hélas, toute victoire sociale qui s'obtiendrait ainsi (dans ce bond pardessus nous-mêmes), et qui s'arrêterait là, renforcerait notre assimilation, donc conforterait notre inexistence au monde et nos pseudos pouvoirs.

Ce mouvement se doit donc de fleurir en vision politique, laquelle devrait ouvrir à une force politique de renouvellement et de projection apte à nous faire accéder à la responsabilité de nous-mêmes par nous-mêmes et au pouvoir de nous-mêmes sur nous-mêmes. Et même si un tel pouvoir ne résoudrait vraiment aucun de ces problèmes, il nous permettrait à tout le moins de les aborder désormais en saine responsabilité, et donc de les traiter enfin plutôt que d'acquiescer aux sous-traitances. La question békée et des ghettos qui germent ici où là, est une petite question qu'une responsabilité politique endogène peut régler. Celle de la répartition et de la protection de nos terres à tous points de vue aussi. Celle de l'accueil préférentiel de nos jeunes tout autant. Celle d'une autre Justice ou de la lutte contre les fléaux de la drogue en relève largement... Le déficit en responsabilité crée amertume, xénophobie, crainte de l'autre, confiance réduite en soi... La question de la responsabilité est donc de haute nécessité. C'est dans l'irresponsabilité collective que se nichent les blocages persistants dans les négociations actuelles. Et c'est dans la responsabilité que se trouve l'invention, la souplesse, la créativité, la nécessité de trouver des solutions endogènes praticables. C'est dans la responsabilité que l'échec ou l'impuissance devient un lieu d'expérience véritable et de maturation. C'est en responsabilité que l'on tend plus rapidement et plus positivement vers ce qui relève de l'essentiel, tant dans les luttes que dans les aspirations ou dans les analyses.
Ensuite, il y a la haute nécessité de comprendre que le labyrinthe obscur et indémêlable des prix (marges, sous-marges, commissions occultes et profits indécents) est inscrit dans une logique de système libéral marchand, lequel s'est étendu à l'ensemble de la planète avec la force aveugle d'une religion.
Ils sont aussi enchâssés dans une absurdité coloniale qui nous a détournés de notre manger-pays, de notre environnement proche et de nos réalités culturelles, pour nous livrer sans pantalon et sans jardins-bokay aux modes alimentaires européens. C'est comme si la France avait été formatée pour importer toute son alimentation et ses produits de grande nécessité depuis des milliers et des milliers de kilomètres. Négocier dans ce cadre colonial absurde avec l'insondable chaîne des opérateurs et des intermédiaires peut certes améliorer quelque souffrance dans l'immédiat ; mais l'illusoire bienfaisance de ces accords sera vite balayée par le principe du " Marché " et par tous ces mécanismes que créent un nuage de voracités, (donc de profitations nourries par " l'esprit colonial " et régulées par la distance) que les primes, gels, aménagements vertueux, réductions opportunistes, pianotements dérisoires de l'octroi de mer, ne sauraient endiguer. Il y a donc une haute nécessité à nous vivre caribéens dans nos imports-exports vitaux, à nous penser américain pour la satisfaction de nos nécessités, de notre autosuffisance énergétique et alimentaire. L'autre très haute nécessité est ensuite de s'inscrire dans une contestation radicale du capitalisme contemporain qui n'est pas une perversion mais bien la plénitude hystérique d'un dogme. La haute nécessité est de tenter tout de suite de jeter les bases d'une société non économique, où l'idée de développement à croissance continuelle serait écartée au profit de celle d'épanouissement ; où emploi, salaire, consommation et production serait des lieux de création de soi et de parachèvement de l'humain. Si le capitalisme (dans son principe très pur qui est la forme contemporaine) a créé ce Frankenstein consommateur qui se réduit à son panier de nécessités, il engendre aussi de bien lamentables " producteurs " - chefs d'entreprises, entrepreneurs, et autres socioprofessionnels ineptes - incapables de tressaillements en face d'un sursaut de souffrance et de l'impérieuse nécessité d'un autre imaginaire politique, économique, social et culturel. Et là, il n'existe pas de camps différents. Nous sommes tous victimes d'un système flou, globalisé, qu'il nous faut affronter ensemble. Ouvriers et petits patrons, consommateurs et producteurs, portent quelque part en eux, silencieuse mais bien irréductible, cette haute nécessité qu'il nous faut réveiller, à savoir : vivre la vie, et sa propre vie, dans l'élévation constante vers le plus noble et le plus exigeant, et donc vers le plus épanouissant. Ce qui revient à vivre sa vie, et la vie, dans toute l'ampleur du poétique.

On peut mettre la grande distribution à genoux en mangeant sain et autrement.
On peut renvoyer la SARA (Société Anonyme de Raffinerie des Antilles) et les compagnies pétrolières aux oubliettes, en rompant avec le tout automobile.
On peut endiguer les agences de l'eau, leurs prix exorbitants, en considérant la moindre goutte sans attendre comme une denrée précieuse, à protéger partout, à utiliser comme on le ferait des dernières chiquetailles d'un trésor qui appartient à tous.

On ne peut vaincre ni dépasser le prosaïque en demeurant dans la caverne du prosaïque, il faut ouvrir en poétique, en décroissance et en sobriété. Rien de ces institutions si arrogantes et puissantes aujourd'hui (banques, firmes transnationales, grandes surfaces, entrepreneurs de santé, téléphonie mobile...) ne sauraient ni ne pourraient y résister. Enfin, sur la question des salaires et de l'emploi. Là aussi il nous faut déterminer la haute nécessité. Le capitalisme contemporain réduit la part salariale à mesure qu'il augmente sa production et ses profits. Le chômage est une conséquence directe de la diminution de son besoin de main d'oeuvre. Quand il délocalise, ce n'est pas dans la recherche d'une main d'oeuvre abondante, mais dans le souci d'un effondrement plus accéléré de la part salariale. Toute déflation salariale dégage des profits qui vont de suite au grand jeu welto de la finance. Réclamer une augmentation de salaire conséquente n'est donc en rien illégitime : c'est le début d'une équité qui doit se faire mondiale.
Quant à l'idée du " plein emploi ", elle nous a été clouée dans l'imaginaire par les nécessités du développement industriel et les épurations éthiques qui l'ont accompagnée. Le travail à l'origine était inscrit dans un système symbolique et sacré (d'ordre politique, culturel, personnel) qui en déterminait les ampleurs et le sens. Sous la régie capitaliste, il a perdu son sens créateur et sa vertu épanouissante à mesure qu'il devenait, au détriment de tout le reste, tout à la fois un simple " emploi ", et l'unique colonne vertébrale de nos semaines et de nos jours. Le travail a achevé de perdre toute signifiance quand, devenu lui-même une simple marchandise, il s'est mis à n'ouvrir qu'à la consommation.

Nous sommes maintenant au fond du gouffre. Il nous faut donc réinstaller le travail au sein du poétique. Même acharné, même pénible, qu'il redevienne un lieu d'accomplissement, d'invention sociale et de construction de soi, ou alors qu'il en soit un outil secondaire parmi d'autres. Il y a des myriades de compétences, de talents, de créativités, de folies bienfaisantes, qui se trouvent en ce moment stérilisés dans les couloirs ANPE et les camps sans barbelés du chômage structurel né du capitalisme. Même quand nous nous serons débarrassés du dogme marchand, les avancées technologiques (vouées à la sobriété et à la décroissance sélective) nous aiderons à transformer la valeurtravail en une sorte d'arc-en-ciel, allant du simple outil accessoire jusqu'à l'équation d'une activité à haute incandescence créatrice. Le plein emploi ne sera pas du prosaïque productiviste, mais il s'envisagera dans ce qu'il peut créer en socialisation, en autoproduction, en temps libre, en temps mort, en ce qu'il pourra permettre de solidarités, de partages, de soutiens aux plus démantelés, de revitalisations écologiques de notre environnement... Il s'envisagera en " tout ce qui fait que la vie vaut la peine d'être vécue ".
Il y aura du travail et des revenus de citoyenneté dans ce qui stimule, qui aide à rêver, qui mène à méditer ou qui ouvre aux délices de l'ennui, qui installe en musique, qui oriente en randonnée dans le pays des livres, des arts, du chant, de la philosophie, de l'étude ou de la consommation de haute nécessité qui ouvre à création - créaconsommation.
En valeur poétique, il n'existe ni chômage ni plein emploi ni assistanat, mais autorégénération et autoréorganisation, mais du possible à l'infini pour tous les talents, toutes les aspirations. En valeur poétique, le PIB des sociétés économiques révèle sa brutalité.

Voici ce premier panier que nous apportons à toutes les tables de négociations et à leurs prolongements : que le principe de gratuité soit posé pour tout ce qui permet un dégagement des chaînes, une amplification de l'imaginaire, une stimulation des facultés cognitives, une mise en créativité de tous, un déboulé sans manman de l'esprit. Que ce principe balise les chemins vers le livre, les contes, le théâtre, la musique, la danse, les arts visuels, l'artisanat, la culture et l'agriculture... Qu'il soit inscrit au porche des maternelles, des écoles, des lycées et collèges, des universités et de tous les lieux connaissance et de formation... Qu'il ouvre à des usages créateurs des technologies neuves et du cyberespace. Qu'il favorise tout ce qui permet d'entrer en Relation (rencontres, contacts, coopérations, interactions, errances qui orientent) avec les virtualités imprévisibles du Tout-Monde... C'est le gratuit en son principe qui permettra aux politiques sociales et culturelles publiques de déterminer l'ampleur des exceptions. C'est à partir de ce principe que nous devrons imaginer des échelles non marchandes allant du totalement gratuit à la participation réduite ou symbolique, du financement public au financement individuel et volontaire... C'est le gratuit en son principe qui devrait s'installer aux fondements de nos sociétés neuves et de nos solidarités imaginantes...

Projetons nos imaginaires dans ces hautes nécessités jusqu'à ce que la force du Lyannaj ou bien du vivre-ensemble, ne soit plus un " panier de ménagère ", mais le souci démultiplié d'une plénitude de l'idée de l'humain.

Imaginons ensemble un cadre politique de responsabilité pleine, dans des sociétés martiniquaise guadeloupéenne guyanaise réunionnaise nouvelles, prenant leur part souveraine aux luttes planétaires contre le capitalisme et pour un monde écologiquement nouveau.
Profitons de cette conscience ouverte, à vif, pour que les négociations se nourrissent, se prolongent et s'ouvrent comme une floraison dans une audience totale, sur ces nations qui sont les nôtres.
An gwan lodyans qui ne craint ni ne déserte les grands frissons de l'utopie. Nous appelons donc à ces utopies où le Politique ne serait pas réduit à la gestion des misères inadmissibles ni à la régulation des sauvageries du " Marché ", mais où il retrouverait son essence au service de tout ce qui confère une âme au prosaïque en le dépassant ou en l'instrumentalisant de la manière la plus étroite.
Nous appelons à une haute politique, à un art politique, qui installe l'individu, sa relation à l'Autre, au centre d'un projet commun où règne ce que la vie a de plus exigeant, de plus intense et de plus éclatant, et donc de plus sensible à la beauté.

C'est le gratuit en son principe qui devrait s'installer aux fondements de nos sociétés neuves et de nos solidarités imaginantes.

Ainsi, chers compatriotes, en nous débarrassant des archaïsmes coloniaux, de la dépendance et de l'assistanat, en nous inscrivant résolument dans l'épanouissement écologique de nos pays et du monde à venir, en contestant la violence économique et le système marchand, nous naîtrons au monde avec une visibilité levée du post-capitalisme et d'un rapport écologique global aux équilibres de la planète.... Alors voici notre vision : Petits pays, soudain au coeur nouveau du monde, soudain immenses d'être les premiers exemples de sociétés postcapitalistes, capables de mettre en oeuvre un épanouissement humain qui s'inscrit dans l'horizontale plénitude du vivant...

Ernest BRELEUR
Patrick CHAMOISEAU
Serge DOMI
Gérard DELVER
Edouard GLISSANT
Guillaume PIGEARD DE GURBERT
Olivier PORTECOP
Olivier PULVAR
Jean-Claude WILLIAM

pour les “produits” de haute nécessité
MANIFESTE
C o n c e p t i o n * L a u D r e

jeudi, février 12 2009

c'est beau la vie

Le vent dans tes cheveux blonds
Le soleil à l'horizon
Quelques mots d'une chanson
Que c'est beau, c'est beau la vie

Un oiseau qui fait la roue
Sur un arbre déjà roux
Et son cri par-dessus tout
Que c'est beau, c'est beau la vie

Tout ce qui tremble et palpite
Tout ce qui lutte et se bat
Tout ce que j'ai cru trop vite
À jamais perdu pour moi

Pouvoir encore regarder
Pouvoir encore écouter
Et surtout pouvoir chanter
Que c'est beau, c'est beau la vie

Le jazz ouvert dans la nuit
Sa trompette qui nous suit
Dans une rue de Paris
Que c'est beau, c'est beau la vie

La rouge fleur éclatée
D'un néon qui fait trembler
Nos deux ombres étonnées
Que c'est beau, c'est beau la vie

Tout ce que j'ai failli perdre
Tout ce qui m'est redonné
Aujourd'hui me monte aux lèvres
En cette fin de journée

Pouvoir encore partager
Ma jeunesse, mes idées
Avec l'amour retrouvé
Que c'est beau, c'est beau la vie

Pouvoir encore te parler
Pouvoir encore t'embrasser
Te le dire et le chanter
Oui c'est beau, c'est beau la vie

Jean Ferrat
C'EST BEAU LA VIE
Paroles: Claude Delecluse, Michelle Senlis, musique: Jean Ferrat

dimanche, février 8 2009

je t'aime

"Je t'aime" en plus de 350 langues :
Dire, "je t'aime !" en :

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vendredi, février 6 2009

Saint-Valentin rime à rien

Pour nous c'est la fête
Tous les jours pour toujours
On est juste pompette
C'est vraiment par amour

Pourquoi marquer le coup
Un seul jour dans l'an
Un baiser dans le cou
Nous appelle tout le temps

S'il faut vraiment célébrer
Cette fête des amoureux
S'en tenir au calendrier
Suffit juste un peu

Nous sommes main dans la main
Et le bonheur exhaussé
Les jours glissent sans destin
L'amour on l'a déjà trouvé

Valentin tous les jours
Quel présent peut nous combler
Le cadeau c'est notre amour
Nous de sentiments assoiffés


zoran.tempete

samedi, janvier 31 2009

Saint-Valentin, fête des amoureux

Le jour des amoureux, de l'amour ? Celui où le plus beau cadeau est un poème d'amour, un poeme de saint-valentin ...
D'où vient cette tradition ?

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lundi, janvier 26 2009

La mesure de l'amour

"La mesure de l'amour c'est d'aimer sans mesure."

Saint Augustin

samedi, janvier 24 2009

Réduction du Temps de l'Amour

Je sais, je t'aime un peu moins.
Mais voilà,c'est pour toujours.
Nos sourires dans le moindre recoin
Parent nos lèvres en bel atour.

Tu sais, même à brûle-pourpoint,
Mon amour est au couché du jour.
La nuit des mots qu'il ne faut point
Taire sans faire de grands détours.

Je sais, nous revenons de loin.
Toutes nos histoires d'amour
Vécues, souvent en mal-en-point
Nous taraudent comme un vautour.

Tu sais, le chaume et le foin
Ont couverts nos ébats de tambour.
Ses saisons venant du lointain
Passé avant le compte à rebours.

Je sais, nous avions très faim.
La recette, d'abord aux petits soins
Se consomme en contrepoint
Du présent en nos cœurs atteints.

Tu sais, il faut aimer à point,
Sans trop de points de non-retour.
Calmer nos envies et grands besoins.
Se réduit le temps de l'amour ?

zoran.tempete

dimanche, janvier 18 2009

film : Un baiser s'il vous plaît

Pour inaugurer cette nouvelle catégorie "film d'amour", consacrée à l'amour au (du ?) cinéma (non, SUR l'écran !) : "Un baiser s'il vous plaît"



En déplacement pour un soir à Nantes, Emilie rencontre Gabriel. Séduits l'un par l'autre, mais ayant déjà chacun une vie, ils savent qu'ils ne se reverront sans doute jamais. Il aimerait l'embrasser. Elle aussi, mais une histoire l'en empêche : celle d'une femme mariée et de son meilleur ami surpris par les effets d'un baiser. Un baiser qui aurait dû être sans conséquences...



Date de sortie : 12 Décembre 2007 Réalisé par Emmanuel Mouret Avec Emmanuel Mouret, Virginie Ledoyen, Julie Gayet Film français. Genre : Comédie, Romance Durée : 1h 40min. Année de production : 2007 Distribué par TFM Distribution

jeudi, janvier 8 2009

Emotions

Grain satin et soyeux de ta peau
me donnent frissons, douceur exquise.
Quand mes mains, ma langue, ma bouche,
de ton corps proie soumise,
se repaissent à ne plus faim !

Découvrir tes endroits les plus secrets,
endroits interdits aux étrangers.
Tu es ma Terre, je suis ton roi,
prêts à querelle si l'on t'ôte à moi.

Tes courbes sont comme océans et mers à dompter,
telle une Armada je m'y lance à naviguer.
Mouvements de tes hanches, comme flots déchaînés,
m'enfoncent en toi, pour m'y noyer.

Découvrir tes endroits les plus secrets,
endroits interdits aux étrangers.
Tu es la Mer, je suis ton roi,
comme Poseidon vivant en toi.

A ta fontaine d'Amour je veux m'arrêter,
pour y déposer un doux et long baiser.
Y assouvir ma soif de désir,
en buvant ton hydromel du jouir.

Découvrir tes endroits les plus secrets,
endroits interdits aux étrangers.
Tu es fontaine de l'Amour,
je m'y baigne comme aux beaux jours... Mon Amour.

sweetgen (sweetgen@laposte.net) - 01/2009

mercredi, janvier 7 2009

un je-ne-sais-quoi...

"L'amour est un je-ne-sais-quoi, qui viens de je-ne-sais-où, et qui finit je-ne-sais-quand."

Mlle de Scudery

paresseux ?

"L'amour est l'affaire du paresseux, mais la paresse de l'occupé."

Bulwer-Lytton, Rienzi.

mercredi, décembre 31 2008

A Suzanne, ma femme, flamme qui brûle dans mon coeur...

(Leonard Cohen) adaptation française Graeme Allwright, chanté par Alain Bashung

Suzanne t'emmène écouter les sirènes
Elle te prend par la main
Pour passer une nuit sans fin
Tu sais qu'elle est à moitié folle
C'est pourquoi tu veux rester
Sur un plateau d'argent
Elle te sert du thé au jasmin
Et quand tu voudrais lui dire
Tu n'as pas d'amour pour elle
Elle t'appelle dans ses ondes
Et laisse la mer répondre
Que depuis toujours tu l'aimes

Tu veux rester à ses côtés
Maintenant, tu n'as plus peur
De voyager les yeux fermés
Une flamme brûle dans ton cœur

Il était un pêcheur venu sur la terre
Qui a veillé très longtemps
Du haut d'une tour solitaire
Quand il a compris que seuls
Les hommes perdus le voyaient
Il a dit qu'on voguerait
Jusqu'à ce que les vagues nous libèrent
Mais lui-même fut brisé
Bien avant que le ciel s'ouvre
Délaissé et presqu'un homme
Il a coulé sous votre sagesse
Comme une pierre

Tu veux rester à ses côtés
Maintenant, tu n'as plus peur
De voyager les yeux fermés
Une flamme brûle dans ton cœur

Suzanne t'emmène écouter les sirènes
Elle te prend par la main
Pour passer une nuit sans fin
Comme du miel, le soleil coule
Sur Notre Dame des Pleurs
Elle te montre où chercher
Parmi les déchets et les fleurs
Dans les algues, il y a des rêves
Des enfants au petit matin
Qui se penchent vers l'amour
Ils se penchent comme ça toujours
Et Suzanne tient le miroir

Tu veux rester à ses côtés
Maintenant, tu n'as plus peur
De voyager les yeux fermés
Une blessure étrange dans ton cœur.


Suzanne



Bonne année Suzanne.

Yves.

jeudi, décembre 25 2008

Crimes et délits

"En amour, il n'y a ni crimes ni délits. Il y a des fautes de goût."

Paul Geraldy, L'Homme et l'Amour.

Une fumée...

"L'amour est une fumée faite de la vapeur des soupirs."

Shakespeare, Roméo et Juliette.

Ecoute moi

Ecoutes-moi…

Accepte ma tendresse.
Pour effacer toute cette tristesse.
Celle qui habite ton cœur.
Pour qu’un jour tu retrouves le bonheur.

J’ai vécu ce que tu ressens.
Mon cœur a lui aussi été brisé bien souvent.
Mais même quand tout devient noir.
Il y a toujours une lueur d’espoir.

Ne mets pas ton cœur en grève.
Laisse-le battre pour tous tes rêves.
Vouloir te fermer à l’amour.
Tu risques de le regretter un jour.

Je souhaite que ces quelques mots.
Apportent un jour à ton coeur le repos.
Qu’ils anéantissent les douleurs du passé.
Et que tu retrouves le goût d’aimer.

Je sais que tu ne veux pas m’entendre.
Car tu as encore trop mal pour le comprendre.
Je t’en prie ne nourris pas cette haine en toi.
Je suis ton amie, écoutes-moi.

Sharkane

dimanche, décembre 21 2008

Petite Marie

Petite Marie, je parle de toi
Parce qu'avec ta petite voix,
Tes petites manies,
Tu as versé sur ma vie
Des milliers de roses.

Petite furie, je me bats pour toi,
Pour que dans dix mille ans de ça
On se retrouve à l'abri,
Sous un ciel aussi joli
Que des milliers de roses.

Je viens du ciel
Et les étoiles entre elles
Ne parlent que de toi,
D'un musicien
Qui fait jouer ses mains
Sur un morceau de bois,
De leur amour
Plus bleu que le ciel autour.

Petite Marie, je t'attends transi
Sous une tuile de ton toit.
Le vent de la nuit froide
Me renvoie la ballade
Que j'avais ecrite pour toi

Petite furie, tu dis que la vie
C'est une bague à chaque doigt.
Au soleil de Floride,
Moi mes poches sont vides,
Et mes yeux pleurent de froid.

Je viens du ciel
Et les étoiles entre elles
Ne parlent que de toi,
D'un musicien
Qui fait jouer ses mains
Sur un morceau de bois,
De leur amour
Plus bleu que le ciel autour.

Dans la pénombre de ta rue,
Petite Marie, m'entends-tu?
Je n'attends plus que toi pour partir...
Dans la pénombre de ta rue,
Petite Marie, m'entends-tu?
Je n'attends plus que toi pour partir...

Je viens du ciel
Et les étoiles entre elles
Ne parlent que de toi,
D'un musicien
Qui fait jouer ses mains
Sur un morceau de bois,
De leur amour
Plus bleu que le ciel autour


Francis Cabrel
PETITE MARIE

jeudi, décembre 18 2008

ce que c'est que l'amour...

"Qui jamais ne connut ce que c'est que l'amour, n'a jamais pu savoir ce que c'est que la peine."

Thomas, Tristan et Iseult.

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